Le lundi, 9 mai 2005

L'environnement urbain

 
  Associée au bruit et à la pollution, la ville comporte son lot de problèmes environnementaux. Comment réduire les émissions polluantes et les gaz à effet de serre? L'étalement urbain, les combustibles fossiles et l'industrie agricole, située non loin des grands centres, soulèvent entre autres de nombreux dilemmes.

 
  De plus, la participation accrue des citoyens à la viabilité de leur collectivité génère des phénomènes encore mal compris. Des professeurs-chercheurs de l'INRS s'attaquent à ces sujets et cherchent des solutions concrètes pour offrir aux citoyens un environnement urbain de qualité.  
 


 
 

L'étalement urbain : quelles conséquences pour la ville?

Êtes-vous du type « ville » ou du type « banlieue »? Le déclin des centres-villes au profit de l'étalement urbain oblige la ville à revoir son mode de gestion. Les défis ne manquent pas!

 
  En outre, la création et le prolongement d'infrastructures autoroutières font face à de nouveaux enjeux. Devant une sensibilité accrue de la population en matière d'environnement, nombre de projets autoroutiers ont mauvaise presse et font désormais l'objet d'audiences publiques. Croyez-vous que les changements sociopolitiques qui ont marqué le XXe siècle ont modifié l'approche des planificateurs dans la conception et la réalisation des autoroutes? Afin de mettre en lumière les enjeux institutionnels, urbanistiques et environnementaux qui ont marqués la modélisation du réseau autoroutier du Québec, Claire Poitras, professeure-chercheure au centre Urbanisation, Culture et Société,  
  prépare une synthèse historique dans le cadre d'un programme de recherche intitulé Infrastructures autoroutières et métropolisation : Montréal au XXe siècle.

Gilles Sénécal, professeur-chercheur au centre Urbanisation, Culture et Société, étudie quant à lui la forêt urbaine. Dépendamment de sa structure, de son âge et des espèces végétales qui la composent, la forêt a la capacité d'emmagasiner le carbone. La forêt en milieu urbain serait-elle une solution viable pour réduire les gaz à effet de serre (GES), produits notamment par le déplacement lié au travail? Les activités de recherche du professeur-chercheur permettront, entre autres, de proposer un algorithme pour estimer le potentiel de captage de carbone par la forêt urbaine. Les travaux favoriseront notamment une gestion durable de ces dernières.

D'autres professeurs-chercheurs de l'Institut tentent aussi de réduire la pollution atmosphérique associée à la circulation automobile et aux combustibles fossiles. Leur recours? Les technologies avancées.
 
 


 
 

Les technologies avancées au service de l'environnement

« Si le monde ne diminue pas sa dépendance aux combustibles fossiles, nous ferons face à une crise énergétique majeure ». C'est ce qu'avaient prédit deux chercheurs de l'INRS dans le cadre d'une étude menée en 1998 pour le compte du Centre canadien de fusion magnétique : Les filières électriques dans le monde de demain. Il s'agit de :
 
  Mais comment réduire notre dépendance aux combustibles fossiles? Les applications de l'hydrogène, un candidat prometteur pour remplacer le pétrole, sont limitées. À ce jour, il n'existe aucun moyen fiable et peu coûteux de le stocker. Jean-Pol Dodelet, Barry Stansfield et My Ali El Khakani, professeurs-chercheurs au centre Énergie, Matériaux et Télécommunications de l'INRS, mettent au point un dispositif de stockage de ce gaz non polluant : les nanotubes de carbone.

Le déploiement des piles à combustible et de l'hydrogène constituent une voie d'avenir en matière d'énergie. Les piles à combustible permettent à l'hydrogène et à l'oxygène de réagir et de produire de l'électricité. Cette source d'énergie, beaucoup moins
 
  polluante, pourrait notamment être utilisée pour alimenter des véhicules électriques ou divers appareils portatifs. Daniel Guay, Lionel Roué, Jean-Pol Dodelet et Barry Stansfield, tous professeurs-chercheurs au centre Énergie, Matériaux et Télécommunications, œuvent au sein du Réseau québécois sur les piles à combustible et l'hydrogène - PACH2 à l'élaboration de cette énergie propre.  
 


 
 

Le syndrome NIMBY : un phénomène mal compris

Les citoyens participent de plus en plus à de nombreux projets environnementaux ayant trait à la revitalisation urbaine. Par leur association à des groupes locaux, ils interviennent également dans des projets pouvant avoir un impact sur leur environnement et leur qualité de vie. Ces projets sèment parfois la controverse, et les revendications qu'ils suscitent font la une des médias.

Le syndrome NIMBY, mieux connu par la désignation du syndrome « pas dans ma cour », demeure un phénomène encore mal compris. C'est pourquoi le professeur-chercheur Gilles Sénécal, du centre Urbanisation, Culture et Société, a entamé, en 2002, une étude visant à évaluer l'action locale en environnement. Les actions associées au syndrome NIMBY sont-elles révélatrices de tensions sociales? Les interventions peuvent-elles mener à des solutions intéressantes? Les actions entreprises pour réhabiliter un espace ou préserver un site naturel ont-elles des retombées significatives? Les conclusions de cette étude seront disponibles au cours des prochains mois.

Et vous, croyez-vous être atteint du syndrome « pas dans ma cour »? Avec l'étalement urbain, les frontières délimitant la banlieue de la campagne ne sont plus aussi perceptibles. Seriez-vous un fervent opposant si une porcherie ou une autre industrie venait s'établir près de votre quartier?

 
 


 
 

L'industrie agricole dans la mire des chercheurs

Le milieu rural, situé non loin des grands centres, n'est pas exempt de pollution. L'industrie agricole génère une quantité étonnante de déchets porteurs de mauvaises odeurs au grand dam des populations avoisinantes.

 
  En outre, l'industrie porcine subit une forte pression du public. L'élevage du porc est synonyme de mauvaises odeurs. Afin d'amenuiser les conflits régnant entre la population et les producteurs, une équipe de recherche du centre INRS-Institut Armand-Frappier, en collaboration avec l'Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), a élaboré un traitement aérobie thermophile auto-chauffant qui permet notamment d'éliminer les mauvaises odeurs du lisier et de réduire sa charge en phosphore et en azote ammoniacal. Entre autres, Réjean Beaudet, François Lépine, Richard Villemur et Pierre Juteau optimisent présentement ce procédé, élaborent des traitements complémentaires et déterminent le potentiel de  
  valorisation des sous-produits du lisier. Jean-François Blais et Guy Mercier, professeurs-chercheurs au centre Eau, Terre et Environnement, travaillent aussi au traitement de ce rebut envahissant.

** Pour connaître les activités de l'INRS sur la décontamination et la valorisation des résidus industriels et municipaux, nous vous invitons à lire le dossier « Des déchets porteurs d'avenir » du magazine Planète INRS (cliquez ici).

 
  Haro sur les pesticides
Des pesticides chimiques et des fertilisants de toute sorte ont longtemps été épandus sur les terres agricoles, s'infiltrant dans le sol et contaminant les cours d'eau et les nappes phréatiques. À la suite d'une sensibilisation accrue quant aux conséquences de ces substances chimiques sur l'environnement et la santé, plusieurs municipalités interdisent leur utilisation.

Alors que Michel Fournier, professeur-chercheur au centre INRS-Institut Armand-Fappier, étudie depuis longtemps les effets toxiques des pesticides chimiques sur le système immunitaire, Pierre Lafrance, professeur-chercheur au centre Eau, Terre et Environnement, s'intéresse aux impacts des pesticides sur l'environnement. Afin de comprendre comment ils migrent vers les eaux de surface et souterraines, l'équipe du professeur Lafrance étudie les processus qui contrôlent les échanges des substances toxiques entre le sol, la matière organique dissoute et l'eau.

Pour offrir une alternative biologique aux pesticides, des professeurs-chercheurs de l'INRS développent des stratégies de lutte biologique contre les insectes nuisibles. Moins dommageables pour l'environnement et la santé, les bio-insecticides ont la propriété de n'attaquer que l'espèce d'insecte ciblé. Des exemples?

Au centre Eau, Terre et Environnement, le professeur-chercheur Rajeshwar Dayal Tyagi isole, entre autres, de nouvelles souches de Bacillus thuringiensis communément appelé Bt. Les différentes souches de cette bactérie permettent de restreindre les ravages causés par la fausse-arpenteuse du chou, le sphinx de la tomate, la tordeuse des bourgeons de l'épinette et l'arpenteuse de la pruche, pour en nommer quelques-uns.

 
  Claude Guertin, professeur-chercheur au centre INRS-Institut Armand-Frappier, s'intéresse aux entomopathogènes pour contrer les insectes nuisibles. Ses travaux ont donné lieu à un bio-insecticide fait à base du champignon Beauveria bassiana pour réduire les populations de la punaise terne et de l'anthonome de la fleur du fraisier. Le professeur cherche maintenant à démontrer l'efficacité des entomopathogènes en milieu forestier. Ces travaux permettront notamment :
  • l'homologation de nouveaux agents de lutte antiparasitaire pour le charançon du pin blanc et la mouche granivore de l'épinette;
  • l'implantation des entomopathogènes dans les pratiques sylvicoles.
 
  Mentionnons également que les travaux du professeur-chercheur Jean-François Laliberté, du centre INRS-Institut Armand-Frappier, porte sur la biologie des potyvirus, dont les différentes souches s'attaquent au navet, au prunier et à la pomme de terre. Les recherches conduiront à la création de nouvelles approches pour combattre cet agent pathogène. Maximilien Arella, professeur-chercheur au même centre, travaille sur des techniques servant à établir un diagnostic d'infections virales, notamment les virus d'insectes.