Associée au bruit et à
la pollution, la ville comporte son lot de problèmes environnementaux.
Comment réduire les émissions polluantes et les gaz à
effet de serre? L'étalement urbain, les combustibles fossiles et
l'industrie agricole, située non loin des grands centres, soulèvent
entre autres de nombreux dilemmes.
De plus, la participation accrue
des citoyens à la viabilité de leur collectivité génère
des phénomènes encore mal compris. Des professeurs-chercheurs
de l'INRS s'attaquent à ces sujets et cherchent des solutions concrètes
pour offrir aux citoyens un environnement urbain de qualité.
Êtes-vous du type « ville » ou du type « banlieue »?
Le déclin des centres-villes au profit de l'étalement urbain oblige la ville
à revoir son mode de gestion. Les défis ne manquent pas!
En outre, la création et
le prolongement d'infrastructures autoroutières font face à
de nouveaux enjeux. Devant une sensibilité accrue de la population
en matière d'environnement, nombre de projets autoroutiers ont mauvaise
presse et font désormais l'objet d'audiences publiques. Croyez-vous
que les changements sociopolitiques qui ont marqué le XXe
siècle ont modifié l'approche des planificateurs dans la conception
et la réalisation des autoroutes? Afin de mettre en lumière
les enjeux institutionnels, urbanistiques et environnementaux qui ont marqués
la modélisation du réseau autoroutier du Québec, Claire
Poitras, professeure-chercheure au centre Urbanisation, Culture et Société,
prépare une synthèse
historique dans le cadre d'un programme de recherche intitulé Infrastructures
autoroutières et métropolisation : Montréal au XXe
siècle.
Gilles
Sénécal, professeur-chercheur au centre Urbanisation, Culture et Société,
étudie quant à lui la forêt urbaine. Dépendamment
de sa structure, de son âge et des espèces végétales
qui la composent, la forêt a la capacité d'emmagasiner le carbone.
La forêt en milieu urbain serait-elle une solution viable pour réduire
les gaz à effet de serre (GES), produits notamment par le déplacement
lié au travail? Les activités de recherche du professeur-chercheur
permettront, entre autres, de proposer un algorithme pour estimer le potentiel
de captage de carbone par la forêt urbaine. Les travaux favoriseront
notamment une gestion durable de ces dernières.
D'autres professeurs-chercheurs de l'Institut tentent aussi de réduire la pollution
atmosphérique associée à la circulation automobile et aux combustibles fossiles.
Leur recours? Les technologies avancées.
« Si le monde ne diminue pas sa dépendance aux combustibles fossiles, nous
ferons face à une crise énergétique majeure ». C'est ce qu'avaient prédit
deux chercheurs de l'INRS dans le cadre d'une étude menée en 1998 pour le
compte du Centre canadien de fusion magnétique : Les filières électriques
dans le monde de demain. Il s'agit de :
Michel Trépanier, professeur-chercheur au centre Urbanisation, Culture
et Société.
Mais comment réduire notre dépendance
aux combustibles fossiles? Les applications de l'hydrogène, un candidat
prometteur pour remplacer le pétrole, sont limitées. À ce jour, il n'existe
aucun moyen fiable et peu coûteux de le stocker. Jean-Pol
Dodelet, Barry
Stansfield et My
Ali El Khakani, professeurs-chercheurs au centre Énergie, Matériaux
et Télécommunications de l'INRS, mettent au point un dispositif de stockage
de ce gaz non polluant : les nanotubes de carbone.
Le déploiement des piles à combustible et de l'hydrogène constituent une
voie d'avenir en matière d'énergie. Les piles à combustible permettent à
l'hydrogène et à l'oxygène de réagir et de produire de l'électricité. Cette
source d'énergie, beaucoup moins
Les citoyens participent de plus en plus à de nombreux projets environnementaux ayant trait
à la revitalisation urbaine. Par leur association à des groupes locaux, ils interviennent
également dans des projets pouvant avoir un impact sur leur environnement et leur qualité
de vie. Ces projets sèment parfois la controverse, et les revendications qu'ils suscitent
font la une des médias.
Le syndrome NIMBY, mieux connu par la désignation du syndrome « pas dans ma cour »,
demeure un phénomène encore mal compris. C'est pourquoi le professeur-chercheur
Gilles
Sénécal, du centre Urbanisation, Culture et Société, a entamé, en 2002,
une étude visant à évaluer l'action locale en environnement. Les actions
associées au syndrome NIMBY sont-elles révélatrices de tensions sociales? Les
interventions peuvent-elles mener à des solutions intéressantes? Les actions
entreprises pour réhabiliter un espace ou préserver un site naturel
ont-elles des retombées significatives? Les conclusions de cette étude seront
disponibles au cours des prochains mois.
Et vous, croyez-vous être atteint du syndrome « pas dans ma cour »? Avec
l'étalement urbain, les frontières délimitant la banlieue de la campagne ne
sont plus aussi perceptibles. Seriez-vous un fervent opposant si une porcherie
ou une autre industrie venait s'établir près de votre quartier?
Le milieu rural, situé non loin des grands centres, n'est pas exempt de
pollution. L'industrie agricole génère une quantité étonnante de déchets
porteurs de mauvaises odeurs au grand dam des populations avoisinantes.
En outre, l'industrie porcine subit
une forte pression du public. L'élevage du porc est synonyme de mauvaises
odeurs. Afin d'amenuiser les conflits régnant entre la population et les
producteurs, une équipe de recherche du centre INRS-Institut Armand-Frappier,
en collaboration avec l'Institut de recherche et de développement
en agroenvironnement (IRDA), a élaboré un traitement aérobie thermophile
auto-chauffant qui permet notamment d'éliminer les mauvaises odeurs du lisier
et de réduire sa charge en phosphore et en azote ammoniacal. Entre autres,
Réjean
Beaudet, François
Lépine, Richard
Villemur et Pierre
Juteau optimisent présentement ce procédé, élaborent des traitements
complémentaires et déterminent le potentiel de
valorisation des sous-produits du lisier. Jean-François
Blais et Guy
Mercier, professeurs-chercheurs au centre Eau, Terre et Environnement,
travaillent aussi au traitement de ce rebut envahissant.
** Pour connaître les activités de l'INRS sur la décontamination
et la valorisation des résidus industriels et municipaux, nous vous invitons
à lire le dossier « Des déchets porteurs d'avenir » du magazinePlanète INRS (cliquez ici).
Haro sur les pesticides
Des pesticides chimiques et des fertilisants de toute sorte ont longtemps
été épandus sur les terres agricoles, s'infiltrant dans le sol et contaminant
les cours d'eau et les nappes phréatiques. À la suite d'une sensibilisation
accrue quant aux conséquences de ces substances chimiques sur l'environnement
et la santé, plusieurs municipalités interdisent leur utilisation.
Alors que Michel
Fournier, professeur-chercheur au centre INRS-Institut Armand-Fappier,
étudie depuis longtemps les effets toxiques des pesticides chimiques sur
le système immunitaire, Pierre
Lafrance, professeur-chercheur au centre Eau, Terre et Environnement,
s'intéresse aux impacts des pesticides sur l'environnement. Afin de comprendre
comment ils migrent vers les eaux de surface et souterraines, l'équipe du
professeur Lafrance étudie les processus qui contrôlent les échanges des
substances toxiques entre le sol, la matière organique dissoute et l'eau.
Pour offrir une alternative biologique aux pesticides, des professeurs-chercheurs
de l'INRS développent des stratégies de lutte biologique contre les insectes
nuisibles. Moins dommageables pour l'environnement et la santé, les
bio-insecticides ont la propriété de n'attaquer que l'espèce d'insecte ciblé.
Des exemples?
Au centre Eau, Terre et Environnement, le professeur-chercheur Rajeshwar
Dayal Tyagi isole, entre autres, de nouvelles souches de Bacillus
thuringiensis communément appelé Bt. Les différentes souches de cette
bactérie permettent de restreindre les ravages causés par la fausse-arpenteuse
du chou, le sphinx de la tomate, la tordeuse des bourgeons de l'épinette
et l'arpenteuse de la pruche, pour en nommer quelques-uns.
Claude
Guertin, professeur-chercheur au centre INRS-Institut Armand-Frappier,
s'intéresse aux entomopathogènes pour contrer les insectes nuisibles. Ses
travaux ont donné lieu à un bio-insecticide fait à base du champignon Beauveria
bassiana pour réduire les populations de la punaise terne et de l'anthonome
de la fleur du fraisier. Le professeur cherche maintenant à démontrer l'efficacité
des entomopathogènes en milieu forestier. Ces travaux permettront notamment
:
l'homologation de nouveaux agents de lutte antiparasitaire pour le
charançon du pin blanc et la mouche granivore de l'épinette;
l'implantation des entomopathogènes dans les pratiques sylvicoles.
Mentionnons également que les travaux
du professeur-chercheur Jean-François
Laliberté, du centre INRS-Institut Armand-Frappier, porte sur la biologie
des potyvirus, dont les différentes souches s'attaquent au navet, au prunier
et à la pomme de terre. Les recherches conduiront à la création de nouvelles
approches pour combattre cet agent pathogène. Maximilien
Arella, professeur-chercheur au même centre, travaille sur des techniques
servant à établir un diagnostic d'infections virales, notamment les virus
d'insectes.